HISTOIRE/HISTORY

Mardi 9 août 2005 2 09 08 2005 00:00

 

RAIMOND ROGER TRENCAVEL

(1185-10 novembre 1209)

Raimond Roger Trencavel était membre de la noble famille Trencavel et vicomte de Béziers et Albi (et par conséquent un vassal du comte de Toulouse) et aussi vicomte de Carcassonne et du Razès (et donc un vassal du comte de Barcelonne, qui régnait également sur l'Aragorn à cette époque).

Sa Famille

Raimond Roger Trencavel était le fils de Roger II Trencavel (mort en 1194) et d'Adélaïde de Toulouse, soeur de Raimond VI, comte de Toulouse. Il avait épousé Agnès de Montpellier en 1203 dont il avait eu un fils Raimond, futur Raimond II.

Début de son règne

Raimond Roger vivait au Château Comtal situé sur une colline de la ville de Carcassonne. Le château avait été construit par ses ancêtres au XIème siècle. Raimond Roger n'était pas Cathare comme la plupart de ses sujets. Il avait adopté une attitude de tolérance envers le Catharisme et les autres religions. Il s'appuyait particulièrement sur les Juifs pour qu'ils gouvernent Béziers, son second fief.

La Croisade contre les Albigeois

Vers le milieu de l'année 1209, au tout début de la Croisade contre les Albigeois, environ 10 000 croisés se réunirent à Lyon et comencèrent leur marche vers le sud. En juin, Raimond VI de Toulouse, pressentant le désastre qui s'annonçait, fit serment de se battre contre les Cathars et son excommunication fut levée. Les croisés avancèrent jusqu'à Montpellier et s'emparèrent des terres de Raimond Roger Trencavel afin d'y extirper les communautés cathares. Comme Raimond de Toulouse, Raimond Roger Trencavel chercha un arrangement avec les croisés, mais on le lui refusa. Il retourna alors à Carcassonne pour y organiser sa défense. La ville de Béziers fut pillée le 22 juillet 1209 et toute la population massacrée.

La ville de Carcassonne était bien fortifiée, mais vulnérable car surpeuplée de réfugiés. Les croisés, menés par Simon de Montfort, arrivèrent aux abords de la ville le 1er août 1209. En tant que vassal de Pierre II d'Aragon, Raimond Roger espérait sa protection, mais Pierre II n'osa pas s'opposer à l'armée du  pape Innocent III et joua seulement un rôle de médiateur.

Le siège ne dura pas longtemps et le 7 août les croisés s'emparèrent des accès à l'eau potable. Raimond Roger accepta un sauf-conduit pour négocier les termes de sa reddition dans le camp ennemi. Mais à la fin des négociations, alors qu'il était toujours protégé par son sauf-conduit, il fut fait prisonnier et jeté dans son propre donjon où il mourut 3 mois après, probablement de dysenterie ou alors empoisonné.

 

 

RAIMOND ROGER TRENCAVEL

(1185-10 November, 1209)

Raimond Roger Trencavel was a member of the noble Trencavel Family. He was viscount of Beziers and Albi  (and thus a vassal of the count of Toulouse), and viscount of Carcassonne, and the Razes (and thus a vassal of the count of Barcelona, who was also ruling Aragon at this time).

His Family

Raimond Roger Trencavel was the son of Roger II Trencavel (d. 1194) and Adelaide of Toulouse, sister of Raimond VI, count of Toulouse. He was married to Agnes of Montpellier and was the father of a two-year-old son, Raimond, later Raimond II.

Beginning of reign

Raimond Roger Trencavel lived in the Chateau Comtal in the fortified hill town of Carcassonne. The Chateau was built by his ancestors in the 11th century. Raimond Roger was not a Cathar, although many of his subjects were. He adopted a tolerant attitude to Catharism - and to other cultures and religions.  He relied strongly on Jews to run Beziers, his second seat of power.

The Albigensian Crusade

By mid 1209, at the beginning of the Albigensian Crusade, around 10,000 crusaders had gathered in Lyon and began to march south. In June, Raimond VI of Toulouse, recognising the potential disaster at hand, promised to act against the Cathars, and his excommunication was lifted.  The crusaders headed towards Montpellier and the lands of Raimond Roger Trencavel, aimaing for the Cathar communities around Albi and Carcassonne. Like Raimond of Toulouse, Raimond Roger Trencavel sought and accomodation with the crusaders, but Raimond Roger was refused a meeting and raced back to Carcassonne to prepare his defences.  The city of Beziers was sacked on 22 June 1209 and its population massacred.

The town of Carcassonne was well fortified, but vulnerable and over-populated with refugees.  The crusaders, led by Simon of Montfort, arrived outside the town on August 1st, 1209. A vassal of Peter II of Aragon, Raimond Roger had hoped for protection, but Peter was unwilling to oppose the Pope Innocent III's army and was prepared only to act as a mediator.

The siege did not last long, and by August 7th, the crusaders had cut the town's access to water.  Raimond Roger accepted a safe-conduct to negociate terms of surrender in the Crusader Camp. But at the conclusion of the negociations, he was taken prisoner while under truce, and imprisoned in his own dungeon, where he died, probably of dysentery or was poisoned.

Par Michel Decamps
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Vendredi 26 août 2005 5 26 08 2005 00:00

 

ILS L'ONT TUE !

"Et jamais homme ne vit pareil outrage

Ou plus grand crime

Ou plus grande barbarie

Envers Dieu et Notre Seigneur

Que ces renégats qui l'ont tué,

Ceux de la race de Pilate !"

Guillem Augier (troubadour)

Sceau de Raimond Roger Trencavel/Raimond Roger Trencavel's seal

THEY DID KILL HIM!

"And never did man

see so great an outrage,

or so heinous a crime

or such great barbary

towards God and our Lord

as did these renegade cun

Who did kill him,

those traitors of Pilate's breed."

Guillem Augier (troubadour)

 
Par Michel Decamps
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Samedi 27 août 2005 6 27 08 2005 00:00

 

 

GENEALOGIE DES TRENCAVEL

 

 Aton, Vicomte d'Albi (v 844)
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|-->Bernard-Aton Trencavel Vicomte d'Albi (v 875 - 937)
|
|-->Aton Ier, Vicomte d'Albi et seigneur d'Ambialet (v 910 - 958)
X Diafronisse
|
|-->Bernard-Aton II, Vicomte d'Albi et seigneur d'Ambialet (v 945 - 990)
X Gancienne, Vicomtesse de Nîmes
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|-->Aton II, Vicomte d'Albi et de Nîmes (v 980 - 1032)
X Gerberge
|
|-->Bernard-Aton III, Vicomte d'Albi (v 1010 - 1060)
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|-->Raymond-Bernard Trencavel, Vicomte d'Albi et de Nîmes (v 1036 - 1074)
X Ermengarde de Carcassonne
|
|-->Bernard-Aton IV, Vicomte d'Albi, Agde, Carcassonne, Nîmes, Razès et Béziers (1074 - 1129)
X Cécile de Provence
|
|-->Roger Ier, Vicomte d'Albi, Carcassone et Razès (? - 1150)
|-->Raimond Ier, Vicomte d'Albi, Béziers, Carcassonne, Razès (v 1098 - 1167)
|   X Adélaïde
|   |
|   |-->Cécile
|   |   X Roger-Bernard, Comte de Foix
|   |-->Adélaïde ou Alix
|   |   X Sicard V, co-vicomte de Lautrec
|   |
|   X Saure
|   |
|   |-->Roger II, Vicomte d'Albi, Béziers, Carcassonne, Razès ( ?  - 1194)
|   |   X Adélaïde (Azalaïs) de Toulouse, fille de Raymond V (VII)
|   |   |
|   |   |-->Raimond-Roger, Vicomte d'Albi, Béziers, Carcassonne, Razès (1185 - 1209)
|   |       X Agnès de Montpellier
|   |       |
|   |       |-->Raimond II (v 1204 - v 1267)
|   |           X Saurice
|   |           |
|   |           |-->Roger, Vicomte de Béziers
|   |           |-->Raimond-Roger (? - 1270)
|   |-->Béatrix
|       X Raymond VI (VIII), comte de Toulouse
|-->Ermengarde
|   X Gaufred, Comte de Roussillon
|
|-->Bernard Aton V, Vicomte de Nîmes et Agde (? - 1159)
X Guillemette de Montpellier
|
|-->Bernard Aton VI, Vicomte de Nîmes et Agde (1159 -  1214)

THE TRENCAVELS'

GENEALOGY

 
Par Michel Decamps
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Mardi 30 août 2005 2 30 08 2005 00:00
1

 

 

LES TERRES

DES TRENCAVEL

(1209)

 

THE LANDS OF

THE TRENCAVELS

(1209)

 
Par Michel Decamps
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Jeudi 1 septembre 2005 4 01 09 2005 00:00
1

 

LIMOUX : RUE TRENCAVEL

       Rue Trencavel

 

 

C'est une véritable barbacane ; pareille à ces ouvrages militaires qui protégeaient les portes de la Cité de Carcassonne et l'on imagine Raymond-Roger Trencavel qui tente avec ses vassaux et quelques notables de pénétrer à cheval au cœur du Lotissement Conquet pour atteindre la Place des Jeux Floraux. Il arrive bride abattue de l'Avenue Charles de Gaulle, évite l'Avenue du Mauzac pour préférer l'ancienne Route Nationale 626 conduisant à Chalabre et Foix, se courbe sur l'échine de son destrier pour déjouer un grand figuier qui lui barre le chemin, contourne les chicanes, et se glisse entre les murs de défense ; comprenez entre les enceintes de nos modernes habitations, implantées là par un urbaniste à qui on aurait restreint l'espace ou par un stratège fier d'avoir retenu avec son piège, le plus malheureux des automobilistes. Mais le fils de Roger II est un habile guerrier, il franchit la défense urbaine de Limoux, jette son heaume, et se présente maintenant en gloire, en terrain ami, entre la rue des Troubadours à sa gauche ou celle des Capitouls aperçue en face.

 

 

Raymond-Roger Trencavel, donc, naît en 1185 dans le château de Carcassonne, de Roger II, vicomte  de Béziers , et d'Adélaïs. A la mort de son père, survenue dès 1194, il est élevé par Bertrand de Saissac, son oncle et tuteur. Ce dernier est souvent comparé à un condottiere[1] méridional ; sa doctrine se résume en une opposition brutale à tout ce qui menace ses prérogatives, réelles ou supposées. Son premier adversaire est l'Eglise, qu'il considère comme envahissante et portée à se mêler de ses affaires. Tel sera aussi le fond de la politique de son pupille.

 

 

Raymond-Roger Trencavel se fait reconnaître majeur à 14 ans et, le jour de Pâques de l'an 1199, prend possession de ses charges de vicomte de Béziers et de Carcassonne. Curieusement, lui qui entrera dans la légende comme un palatin,  consacre les tendres années de sa jeunesse à des opérations foncières et immobilières. Il arrondit ses domaines en achetant Vintron, Vias, Balaguer, Lunas et autres châteaux et terres.

 

 

Réputé grand cavalier, grand chasseur, athlète brillant et seigneur lettré, Trencavel est à 18 ans l'idole de toute la région. Les dames en sont folles. En l'année 1203, il épouse Agnès, fille de Guilhem VIII de Montpellier, connue partout pour sa beauté et son indolence d'odalisque. A présent, Trencavel a 24 ans, et son fils Raymond deux ans à peine, lorsque au mois de juillet 1209, l'armée des croisés, approche de Béziers. Son oncle, Raymond VI de Toulouse, a donné son adhésion à la croisade ; son beau-frère, Pierre II d'Aragon, ne tient pas du tout à combattre l'armée de l'Eglise. Et Raymond-Roger Trencavel, malgré lui ou presque, va se trouver porté à défendre le Midi… et à soutenir l'hérésie contre Simon de Montfort, le maudit venu du Nord. On assure qu'il est allé trouver les chefs de la croisade pour les fléchir ; c'est possible, mais en tous cas, il ne prend pas la croix, ce qui constituait le seul moyen de se rallier à la cause. Trencavel s'enferme dans Carcassonne et proclame "J'offre une ville, un abri, du pain, mon épée à tous les proscrits qui erreront bientôt dans la province".

 

 

On peut voir dans cette emphase, le désarroi d'un chef qui ne souhaite pas vraiment intervenir dans un conflit et qui prête assistance ; Trencavel ne peut désavouer ses propres sujets qui veulent se battre ; il ne peut, non plus, prendre leur tête pour les mener à la bataille, puisque l'envahisseur, en définitive, n'est autre que l'Eglise et que rien ne permet de mettre en doute sa fidélité envers Rome. Le 1er août 1209, l'armée des croisés déploie ses étendards autour de Carcassonne réputée imprenable. Le chant du "Veni Creator"  bourdonne dans l'air brûlant. Deux semaines plus tard à peine, l'invincible cité fortifiée meurt de soif, de faim et de maladie derrière ses remparts à demi détruits et Trencavel doit se constituer otage du comte de Nevers. Le lendemain, les Carcassonnais abandonnent leur ville en échange de la vie sauve, mais sans armes ni bagages et leur vicomte est mis aux fers dans la Tour Pinto. Le 10 septembre, il meurt dans son cachot. De dysenterie, dit Simon de Montfort, qui fait exposer le cadavre, exempt de toute blessure en effet. D'empoisonnement, jurent les Méridionaux, qui d'ailleurs avaient pris pour un traquenard la réception de Trencavel par le comte de Nevers. Tant il est vrai qu'un personnage auréolé par son peuple ne peut mourir de façon naturelle.

 

 

En fait, le héros véritablement légendaire de la famille devrait, en toute justice, être plutôt Trencavel II, fils du précédent. Il s'appelle Raymond et il a deux ans à la mort de son père. Elevé par le comte de Foix, qui le rétablit dans ses droits en 1220, il retrouve sa ville de Carcassonne en 1224, après la défaite d'Amaury, fils de Simon de Montfort et, dans la foulée, il agrandit ses domaines, à la pointe de l'épée, avec Limoux et Lombers. Or, dès l'année suivante, le voilà forcé d'abandonner terres et châteaux afin de se réfugier en Aragon. En effet, le Concile de Bourges a excommunié le comte de Toulouse et tous les vassaux. A la tête d'une nouvelle croisade, le roi vient en Languedoc pour prendre possession des territoires déclarés rebelles qui lui sont attribués. Pendant quinze ans, Raymond Trencavel travaille à se constituer, pratiquement sans argent, une troupe de mercenaires aragonais et catalans et, en 1240, il repasse les Pyrénées pour entreprendre la reconquête de ses propres biens.

 

 

Les nouveaux seigneurs refluent un à un dans Carcassonne où ils s'enferment. Raymond-RogerTrencavel avait organisé la défense de la Cité ; son fils assiège la capitale, défendue par le sénéchal Guillaume des Ormes. C'est le dernier bastion qu'il lui reste à reconquérir. Il échoue. Poursuivi par l'armée royale commandée par Guy de Lévis, il s'enferme à son tour dans Montréal, que les soldats du roi de France encerclent. La position devient intenable ; Raymond Trencavel, renouvelant le geste de son père, se livre en otage. Simon de Montfort n'est plus de ce monde, aussi le sort du vaincu n'est-il pas trop rude ; Raymond Trencavel simplement expulsé, repart pour l'Aragon.

 

 

Pas plus que son père, il n'a été un hérétique, ni même un ennemi de l'Eglise, et cette guerre du Midi repose en définitive, sur un tragique malentendu. La preuve en est que, six ans plus tard, Trencavel II revient en Languedoc, fait sa soumission au sénéchal, cède ses terres à Louis XI et remet son fils en gage de sa loyauté. Après quoi, avec dix hommes seulement, il part pour la Terre Sainte d'où il reviendra couvert de gloire en 1254, et où ira aussi son fils Roger de Béziers, deux ans après la mort de Trencavel II, survenue en 1267.

 

 

C'est au cours de la séance du 5 février 1970, que le Conseil municipal, réuni autour de Monsieur François Clamens s'est prononcé à l'unanimité sur l'opportunité de donner le nom de Trencavel à une rue du lotissement Conquet. Une commission désignée à cet effet avait soumis sa proposition, certainement inspirée par "Les Démons du Midi", un des premiers livres sur le sujet à réel intérêt, remarquablement écrit à cette époque par Pierre Sourbès[2] et indéniablement, le choix de la municipalité s'est porté sur la mise en exergue d'une dynastie avant celle d'un personnage.

©  Gérard JEAN

http://perso.wanadoo.fr/limoux/rue65.htm

 
Par Michel Decamps
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