Jeudi 26 juin 2008

"SI MON COEUR EST A CARCASSONNE..."

(du livre Trencavel entre légende et réalité, désormais épuisé)

"Si mon coeur est à Carcassonne/If my heart belongs to Carcassonne"

Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps


"Seigneur en cette nuit profonde

Avant de me livrer à l'ennemi

Permettez une dernière fois que mon âme vagabonde

Sur les chaudes rives de mon doux pays.


Oh Razès, contrée sauvage que fouette vent si vif

Et Coustaussa la brune dont je suis fier d'être le fils

Oh Rhedae, noble wisighothe, gardienne de trésors enfouis

Emmène-moi sur tes crêtes brunes où soleil à travers brume luit.


Si mon coeur est à Carcassonne

Et ma douleur va à Béziers

Avant que six heures ne sonnent

Je veux mes terreurs d'homme oublier.


Seigneur en cette aube si blonde

Où me guettent moults démons et périls

Permettez que j'entraîne dans ma ronde

Ma mère, la très douce Azalaïs.


Oh dame aux yeux de violette

Jolie fleur de myosotis

Portez-moi à Burlats et ses collines vertes

Dont vous fûtes souveraine jadis.


Si mon coeur est à Carcassonne

Et ma douleur va à Béziers

Avant que six heures ne sonnent

Je veux ma lassitude oublier.


Seigneur en cette instant de souffrance

Où misère et angoisse m'étreignent le coeur

Laissez-moi galoper en silence

Vers Foix où se trouve mon bonheur.


Oh Agnès, merveilleuse épouse

Belle dame de mes pensées,

Sur un rayon de lune rousse

Ensemble envolons-nous vers l'infinie immensité !


Si mon coeur est à Carcassonne

Et ma douleur va à Béziers

Avant que six heures ne sonnent

Sur vos lèvres d'amour, je veux courage puiser.


Seigneur en cette heure de tourment et de doute

Où m'épie l'oeil luisant de la louve de Pennautier

Laissez-moi me perdre dans la voûte

De votre paradis tout d'étoiles parsemé.


Oh Zaed, petite esclave sarazine

Que sans vouloir je fis souffrir

Précède-moi sur nos routes enfantines

Que je puisse en ton sillage mes forces recouvrer.


Car mon coeur est à Carcassonne

Qui ne doit souffrir sort de Béziers

Mais voici que six heures sonnent

Pour le sacrifice suprême je suis fin prêt."


Copyright : Monique Decamps, SACD

"Trencavel entre légende et réalité"



VERSION FRANCAISE DEDIEE A MAGALI HERAL

QUI SE TROUVE SUR LE CHEMIN DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.


AFFECTUEUSES PENSEES...

MONIQUE

publié dans : LE COIN DES POETES
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Jeudi 26 juin 2008

"SE MON CÒR ES A CARCASSONA..."




Senhèr, en aquèla nuèit prigonda,
Abans que me liure a l'enemic,
Permetatz qu'un ultim còp mon anma vagabonde
Sus las caudas ribas de mon doç pais.





O Razes, contrada sauvertosa que lo vent tant viu foeta
E Coustaussa la bruna que me carra d'èstre lo filh,
Guida-me vers tas crestas rossèlas ont lo solelh brilha
A travers la bruma...

Se mon còr es a Carcassona,
Se ma dolor va a Besièrs,
Abans que piquen las sièis oras
Vòli oblidar mas terrors d'òme.





Senhèr, en aquèla alba tant saura
Ont m'espian fòrça demònis e dangièrs,
Permetatz qu'entraïne en una fòla ronda
Maire miuna, la doça Azalaïs.





O dòna amb los uèlhs de viuleta
Bèla flor de miosotis,
Portatz-me a Burlats e sos vèrts puèges
Ont foguèretz soberaina.





Se mon còr es a Carcassona,
Se ma dolor va a Besièrs,
Abans que piquen las sièis oras,
Vòli oblidar ma lassièra.





Senhèr, en aquel moment de sofrença
Ont misèra e paur me sarran lo còr,
Permetatz que galaupe en silenci
Vèrs Foix ont daissi tota jòia.





O Anhès, meravilhosa femna,
Bèla dòna,ara vos ofrissi mas pensadas;
Sus un rai de luna rossèla,
Ensem, vèrs l'immensitat, prenèm la volada.





Se mon còr es Carcassona,
Se ma dolor va a Besièrs,
Abans que piquen las sièis oras
Amb amor, sus vòstras labras,
Vòli posar coratge.





Senhèr, en aquela ora de torments e de dobtes
Ont m'espia l'agach lusant de la Lòba de Penautièr,
Permetatz que desapareissa dins la vòlta
De vòstre paradis semenat d'estrelhas.





O Zaed, pichona esclava sarrasina
Te desiriài pas nafradura;
Passa la primièra sul camin de nòstra enfança,
Seguent tas pesadas, vòli retrobar ma fòrça.





Car mon còr es a Carcassona
Que deù pas patir lo sòrt de Besièrs,
Mas pican las sièis oras
E soi prèst al sacrifici darrièr.




Copyright : Monique Decamps, SACD

"Trencavel entre légende et réalité"


VERSION OCCITANE DEDIEE A MAGALI HERAL

QUI SE TROUVE SUR LE CHEMIN DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.


AFFECTUEUSES PENSEES...

MONIQUE

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Jeudi 20 mars 2008

LES HERETIQUES CHANTENT LA CROISADE ALBIGEOISE

 

TRENCAVEL

(du cd du  groupe occitan "Les Hérétiques)

 

"Il fut le geste héroïque de la résitance.

Agé d'à peine 20 ans, lorsque les prémices de ce qui allait être une guerre à outrance

Parvenaient des chemins de ronde et des lices.

Vassal de Toulouse, Raimond Roger Trencavel, jeune vicomte de Béziers et de Carcassonne,

Fut l'un des premiers à armer sa citadelle lorsque Simon de Montfort s'approcha en personne.

La farouche défense du jeune Trencavel lui valut le cachot et la mort de surcroît...

Son sacrifice fut le déclic et l'étincelle de la résistance des Corbières, du Minervois, des châteaux forts, des castels et des places fortes qui se défendirent partout en terre occitane...

Du Quercy, de l'Ariège, du Béarn dont les portes se fermèrent à Montfort, son ost et ses soutanes..."

 

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Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps

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Miniature du Musée Hurepel de Minerve 



Tu devais être fort comme le vent sur la mer,

Quand il est en colère et souffle, souffle encore...

Tu devais être bon, amoureux de la vie, des enfants, des amis et de tes compagnons.

Tu devais être fort et gracile à la fois,

Comme une bête aux abois fuyant devant la mort...

Tu devais être bon comme le sont les hommes

Quand l'amour les assomme et leur tend son blason. 

  

Va Trencavel, va... la fleur entre les dents

Va Trencavel, va... héros et dissident !

Va Trencavel, va... l'amour te tend les bras

Va Trencavel, va... l'amour te tend ses draps !  

J'imagine souvent ce que fut ton calvaire

Comme celui de tes gens coincés en leur repaire

Quand les hordes sauvages au pied de ta Cité

Crièrent à l'abordage, ni remords, ni pitié !

Trencavel, un matin, excédé par le siège...

Montfort te tend la main, tu tombes dans le piège...

Carcassonne se soumet et tu es mis aux fers

Montfort te promet un dur et triste hiver... 


  

Trencavel, Trencavel, c'est une fleur fânée

Trencavel, Trencavel, héros emprisonné.

Trencavel, Trencavel, l'amour qui t'abandonne

Trencavel, Trencavel, c'est le glas qui résonne ! 

 

Couché sur de la paille, nu comme un nouveau-né

Loin de toute bataille, mourant et affamé...

Ton coeur cherche l'espoir mais celui-ci est vain

Malgré le froid du soir, tu crois au lendemain...

Et tu y crois si haut que Montfort sans scrupules

Te livre à son bourreau qui sort de ta cellule

Les armes maculées, les mains tachées de sombre

De l'espoir envolé au Royaume des Ombres. 


 

Trencavel, Trencavel est une fleur brisée

Trencavel, Trencavel, héros assassiné !

Va Trencavel, va... la fleur entre les dents

Va Trencavel, va... héros et dissident !

 

 

 

Va Trencavel, va... la fleur entre les dents

Va Trencavel, va... héros et dissident !

 

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Mercredi 22 février 2006

 

LES "HERETIQUES"

CHANTENT LA

CROISADE ALBIGEOISE

(du cd du  groupe occitan "Les Hérétiques)

TRENCAVEL

"Il fut le geste héroïque de la résitance.

Agé d'à peine 20 ans, lorsque les prémices de ce qui allait être une guerre à outrance

Parvenaient des chemins de ronde et des lices.

Vassal de Toulouse, Raimond Roger Trencavel, jeune vicomte de Béziers et de Carcassonne,

Fut l'un des premiers à armer sa citadelle lorsque Simon de Montfort s'approcha en personne.

La farouche défense du jeune Trencavel lui valut le cachot et la mort de surcroît...

Son sacrifice fut le déclic et l'étincelle de la résistance des Corbières, du Minervois, des châteaux forts, des castels et des places fortes qui se défendirent partout en terre occitane...

Du Quercy, de l'Ariège, du Béarn dont les portes se fermèrent à Montfort, son ost et ses soutanes..."

 

"Le suppôt du diable/The devil's fiend"

Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps

Tu devais être fort comme le vent sur la mer,

Quand il est en colère et souffle, souffle encore...

Tu devais être bon, amoureux de la vie, des enfants, des amis et de tes compagnons.

Tu devais être fort et gracile à la fois,

Comme une bête aux abois fuyant devant la mort...

Tu devais être bon comme le sont les hommes

Quand l'amour les assomme et leur tend son blason.

Va Trencavel, va... la fleur entre les dents

Va Trencavel, va... héros et dissident !

Va Trencavel, va... l'amour te tend les bras

Va Trencavel, va... l'amour te tend ses draps !

J'imagine souvent ce que fut ton calvaire

Comme celui de tes gens coincés en leur repaire

Quand les hordes sauvages au pied de ta Cité

Crièrent à l'abordage, ni remords, ni pitié !

Trencavel, un matin, excédé par le siège...

Montfort te tend la main, tu tombes dans le piège...

Carcassonne se soumet et tu es mis aux fers

Montfort te promet un dur et triste hiver...

Trencavel, Trencavel, c'est une fleur fânée

Trencavel, Trencavel, héros emprisonné.

Trencavel, Trencavel, l'amour qui t'abandonne

Trencavel, Trencavel, c'est le glas qui résonne !

Couché sur de la paille, nu comme un nouveau-né

Loin de toute bataille, mourant et affamé...

Ton coeur cherche l'espoir mais celui-ci est vain

Malgré le froid du soir, tu crois au lendemain...

Et tu y crois si haut que Montfort sans scrupules

Te livre à son bourreau qui sort de ta cellule

Les armes maculées, les mains tachées de sombre

De l'espoir envolé au Royaume des Ombres.

Trencavel, Trencavel est une fleur brisée

Trencavel, Trencavel, héros assassiné !

Va Trencavel, va... la fleur entre les dents

Va Trencavel, va... héros et dissident !

 

 

 

Va Trencavel, va... la fleur entre les dents

Va Trencavel, va... héros et dissident !

 

par Michel Decamps publié dans : LE COIN DES POETES
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Lundi 7 novembre 2005
2

 

PAR TOI NOBLE ENDORMIE

 

Par tous ceux qui sont morts sur la terre occitane

Dans les bûchers romains et les cachots moisis,

Par le comte de Foix qui jamais ne faillit,

Par le beau Trencavel injustement trahi

Par la fureur de l'Ost en vagues océanes,

JE T'AIME OCCITANIE !

 

Par la croix de Toulouse avec ses douze larmes,

Par ceux-là qu'on brûlait au nom du crucifix,

Par Béziers, par Lavaur et les crimes commis

Par la passonaria qui tua l'antéchrist,

Par ceux de Quéribus qui gardèrent les armes,

JE T'AIME OCCITANIE !

 

Par tous les troubadours qui chantèrent leur dame,

Par celui qu'on fouetta aux marches du parvis,

Par le sceptre d'un roi indignement occis,

Par dame Giralda, qu'on jeta dans un puits,

Par ceux de Montségur qui chantaient dans les flammes,

JE T'AIME OCCTANIE.

 

Par toi, noble endormie, belle comme une épouse,

Qu'ont réveillée soudain tous les chants du midi,

Par le Larzac avec toutes ses bergeries

Par ta tâche et ta peine, ô toi Claude Marti,

Qui le premier chantas de Minerve à Toulouse,

JE T'AIME OCCITANIE.

 

ANDRE MAYNARD

par Michel Decamps publié dans : LE COIN DES POETES
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